FAQ - Questions les plus fréquentes
Depuis le 1er février 2025, les dispositions relatives à l'évaluation d'aptitude au travail des chiens de protection des troupeaux sont définies dans l'Ordonnance sur la chasse. Les changements qui en découlent suscitent une certaine incertitude et soulèvent des questions. Vous trouverez ici les réponses aux questions fréquemment posées, appelées FAQ (frequently asked questions).
Avant l'évaluation
La législation relative aux chiens interdit de laisser les chiens en liberté sans surveillance dans tous les cantons. Ce n'est qu'en vertu de la dérogation prévue par l'Ordonnance fédérale sur la chasse pour les chiens de protection des troupeaux reconnus que ceux-ci sont autorisés à surveiller de manière autonome les animaux de rentre et à repousser les animaux intrus.
Une évaluation nationale permet d'établir une norme valable pour toute la Suisse, garantissant la qualité des chiens subventionnés par la Confédération. Les chiens ayant passé cette évaluation nationale peuvent en outre être utilisés de la même manière partout en Suisse.
La réponse courte est la suivante : tu reçois des subventions tant pour la réussite de l'évaluation que pour la détention et l'utilisation du chien ; un animal de rente tué par un grand prédateur et protégé par des chiens de protection des troupeaux reconnus donne droit à une indemnisation, et cette perte est prise en compte pour un éventuel tir d'un grand prédateur. De plus, en cas d’incidents ou de problèmes avec le chien (par exemple, des morsures ou des soupçons d’errance), sa mission, à savoir la protection du troupeau, est prise en compte par les autorités cantonales.
Plus en détail, cela signifie que pour un chien de protection des troupeaux ayant réussi son évaluation et donc reconnu, le propriétaire reçoit de la Confédération 4'400 CHF suite à la réussite de l’évaluation. De plus, la Confédération subventionne la détention et l’utilisation de ces chiens. La mise en œuvre concrète varie d’un canton à l’autre. Une utilisation conforme de ces chiens est régie par l’ordonnance sur la chasse (art. 10d, al. 5, OChP). Par ailleurs, les chiens de protection des troupeaux reconnus sont considérés comme une mesure de protection. Les attaques sont prises en compte pour le tir et les animaux tués sont indemnisés par la Confédération et le canton. Un chien de protection des troupeaux reconnu peut être laissé sans surveillance auprès des animaux d'élevage lorsqu'il est en activité. En cas de problèmes, les autorités tiennent compte du but de son utilisation. De plus, les éleveurs bénéficient d'un soutien en matière de gestion des conflits. Ce soutien est également subventionné par la Confédération.
L'évaluation consiste à vérifier si le chien a établi une relation de confiance avec les animaux de rente, les humains et ses congénères. C'est ce qu'on appelle la socialisation. L'Ordonnance sur la protection des animaux exige cette socialisation. En outre, cet Ordonnance exige que le chien soit habitué à diverses situations de son environnement. On vérifie également si le chien reste de son propre chef auprès des animaux de rente. Une agressivité explicite est tolérée s’il s’agit d’un comportement défensif en présence des animaux de ferme. Tous les points évalués – socialisation avec les animaux de rente, les humains et les chiens étrangers, habituation à l’environnement, défense autonome des animaux de rente et défense adaptée – apportent des avantages à l’agriculteur. Voici quelques exemples :
- Un chien de protection des troupeaux socialisé aux animaux de rente reste auprès d’eux. L’agriculteur peut être sûr que son chien se trouve auprès des animaux qu’il est censé protéger et qu’il ne chasse pas illégalement ni ne vagabonde.
- Un chien de protection des troupeaux habitué aux humains se comporte de manière neutre ou amicale envers les employés ou les membres de la famille. Face à des tiers inconnus, tels que des passants ou des touristes, il fait preuve d’un comportement de défense adéquat.
- Un chien de protection des troupeaux habitué à son environnement se remet rapidement s’il est effrayé, par exemple par un bruit soudain ; il reste auprès de ses animaux d’élevage.
Le choix d'un chien dont les ancêtres étaient des chiens de protection des troupeaux en activité, associé à une formation dans les règles de l'art, pose les bases d'une évaluation d'aptitude au travail réussi. Dans le cadre d'une détention dans les règles de l'art, le chien vit aux côtés d'autres chiens de protection des troupeaux auprès des animaux de rente et entretient des contacts suffisants avec les humains, ce qui lui permet de nouer une relation de confiance avec son maître. Le chien est en outre confronté à différentes situations qui peuvent se produire dans son environnement et peut ainsi devenir un chien équilibré et sociable, capable de protéger les animaux de rente de manière autonome.
Afin d’aider les propriétaires de chiens, la Confédération propose des journées d’information. Lors de la journée d’introduction et lors de la journée de préparation à l'évaluation, organisées par Agridea sur mandat de la Confédération, la préparation ainsi que l’examen en tant que tel sont abordés en détail. La participation aux deux journées d’information est obligatoire pour les agriculteurs qui présentent pour la première fois leurs chiens à une évaluation d’aptitude. Les propriétaires de chiens expérimentés sont également les bienvenus. La participation est gratuite pour tous les détenteurs qui utilisent des chiens de protection des troupeaux.
Sont admis à l'examen tous les chiens appartenant à une race de chiens de protection des troupeaux et âgés, au moment de l'examen, d'au moins 18 mois et de six ans au maximum. Certains cantons peuvent refuser certaines races. Par exemple, les mâtins espagnols et leurs croisements sont interdits dans le canton du Valais.
Conformément au règlement de l'OFEV, l'évaluation est organisée par une commission d'examen. Actuellement, la Confédération a confié cette mission à Agridea. Les personnes qui siègent au sein de la commission d'examen ont suivi une formation et participent régulièrement à des sessions de formation continue.
L'évaluation
L'évaluation d'un chien seul sur un terrain d'examen inconnu permet de juger de manière individuelle son aptitude. Parallèlement, les conditions sont ainsi standardisées au maximum pour tous les chiens et les résultats ne sont pas faussés par les habitudes du quotidien ou des lieux familiers.
Évaluer un chien en présence d'autres chiens n'est pas pertinent. La dynamique de meute, qui intervient toujours entre chiens, ne permet pas une évaluation individuelle au sein de la meute.
Ce n'est que sur un terrain non clôturé qu'il est possible de vérifier sans restriction si le chien de protection des troupeaux est suffisamment socialisé avec ses animaux de rente et s'il est capable de remplir sa mission de protection. Les clôtures faussent le résultat, car elles empêchent le chien de se déplacer librement ou de quitter le troupeau.
Un chien de protection des troupeaux est capable de bien protéger cinq moutons ou chèvres auxquels il est habitué. L'expérience a également montré que cinq moutons ou chèvres bien choisis restent généralement ensemble en groupe. Cela facilite le travail du chien lors de l'évaluation. Avec un plus grand nombre d'animaux, le risque que des groupes se forment augmente. De plus, cinq moutons peuvent être transportés et pris en charge pendant l'évaluation avec un effort raisonnable.
La conduite de base et l’adaptation aux surprises du quotidien sont deux conditions indispensables pour qu'un chien ne soit pas surmener. L’Ordonnance sur la protection des animaux impose ces deux exigences, tout comme l’Ordonnance sur la chasse. Les tests du ballon et du parapluie permettent d’évaluer la rapidité avec laquelle un chien peut se remettre de l’apparition d’un stimulus inattendu. Un chien de protection des troupeaux doit assurer la protection de ses animaux de rente de manière autonome. Cela n’est possible que s’il ne se laisse pas déstabiliser par les imprévus du quotidien et ne prend pas, par exemple, la fuite ou ne se cache pas. Le chien de protection des troupeaux doit rester auprès de ses animaux de rente et les protéger, même s’il y a du tonnerre, si un chasseur abat un chamois à proximité du troupeau ou si une pierre se détache soudainement et dévale la vallée en faisant du bruit.
D’un point de vue purement pratique, il est très utile, dans le quotidien de l'exploitation, que le chien soit gérable, c’est-à-dire qu’il vienne quand on l’appelle, qu’il saute dans la voiture sur commande ou qu’on puisse l’envoyer vers les moutons. De plus, il doit être facile à manipuler, que ce soit pour le toilettage ou pour une visite chez le vétérinaire.
Entre 2019 et 2024, le taux de réussite s'est établi en moyenne à plus de 90 %. En 2025, celui-ci est tombé à 82 % dans le cadre de l'assouplissement des conditions d'admission à l'évaluation (les chiens de toutes les races de chiens de protection des troupeaux sont désormais admis et ne sont plus élevés ni formés dans le cadre d'un programme fédéral). On s’attend à ce que le taux de réussite remonte lorsque le contenu et le déroulement de l’évaluation seront largement connus et compris. À cette fin, la Confédération propose des journées d’information gratuites pour se préparer à l’EAT (évaluation d'aptitude au travail).
Les grandes lignes de l’EAT ont vu le jour en 2011 et ont été élaborées par des détenteurs de chiens de protection des troupeaux. À l’époque déjà, la fidélité au troupeau était au cœur des préoccupations. En 2014, l’organisation de l’EAT a été confiée à Agridea. À l’époque, seuls les chiens dont la formation était subventionnée par la Confédération étaient évalués. En 2019, l’examen est devenu obligatoire pour tous les chiens subventionnés dans le cadre du programme fédéral. Depuis 2025, l’examen est défini dans l’Ordonnance sur la chasse comme un « évaluation d’aptitude », organisé par l’OFEV.
Si les conditions suivantes sont remplies, rien ne devrait empêcher de réussir l’examen :
- Participer aux journées d’information organisées par la Confédération avant l’acquisition d’un chien, afin de savoir de quoi il s’agit, à quoi s’attendre et à quoi il faut veiller lors de l’achat.
- Choisir un chien provenant d’un élevage où des chiens de protection des troupeaux sont déjà utilisés avec succès, afin de s’assurer que le chien possède les prédispositions génétiques nécessaires à ce travail.
- Assurer une formation adaptée, afin que le chien soit familiarisé avec les animaux de rente, les humains et ses congénères, qu’il sache bien gérer les imprévus du quotidien et qu’il puisse être conduit en toute confiance par son propriétaire.
- Avoir l’envie et le temps d’accompagner le chien dans son apprentissage au quotidien.
L'organisme chargé de l'organisation de l'évaluation est responsable des animaux pendant celle-ci. Actuellement, il s'agit d'Agridea. Tous les animaux sont équipés d'un émetteur GPS et peuvent être localisés à tout moment. Dans des situations exceptionnelles, l'équipe chargée de l'évaluation intervient selon des directives définies.
Lors de son utilisation, le chien est chargé de veiller sur les animaux de rente et d'assurer leur protection, tant de jour que de nuit. Il est donc logique que l'examen comprenne au moins un cycle jour-nuit. À cela s'ajoute le fait que l'expérience montre que les données GPS, c'est-à-dire le comportement spatial enregistré du chien sur le terrain, sont largement significatives au bout de 24 heures. Il s'agit là de la durée minimale qui a fait ses preuves.
Le recours à des chiens pour protéger des bovins est beaucoup plus exigeant tant pour les éleveurs que pour les animaux et n’a pas été considéré par la Confédération comme une mesure de protection des troupeaux raisonnable. Selon l'Ordonnance sur la chasse, sont considérées comme raisonnables, pour la protection des bovins contre les grands prédateurs, la détention commune, sur des pâturages surveillés, des mères et de leurs petits au moment de la naissance et lors des deux premières semaines de vie, et l’élimination immédiate des placentas et des jeunes animaux morts du pâturage concerné.
À 18 mois, un chien de protection des troupeaux formé est en principe capable de protéger cinq animaux de rente qu'il connaît. Plus tard, lors de son utilisation, il devra en protéger un nombre bien plus important. Par conséquent, le risque qu'un animal de rente soit attaqué par un loup ou un lynx lors d'une évaluation d'aptitude est bien moindre que lors d'une utilisation au quotidien, où, par exemple, deux chiens de protection des troupeaux reconnus protègent jusqu'à 200 moutons. Un risque subsiste toutefois.
En cas d’attaque, le garde-faune est alerté et l’éleveur informé. Les animaux tués font l’objet d’une indemnisation. Les participants suivants qui sont prévus dans cette zone sont informés de l’attaque ou peuvent s’informer par les canaux cantonaux appropriés. Dès que l’attaque est officiellement confirmée, elle est communiqué par l’administration cantonale de la chasse via ses canaux et l’organisme organisateur de l’examen n’informe donc plus activement les participants.
La participation à l'évaluation ne présente aucun risque augmenté de contamination des animaux de rente par des maladies transmissibles que lors d'un autre déplacement. Les conditions du programme de lutte contre le « piétin » de l'OFAG sont respectées : aucun chien provenant d'exploitations sous séquestres n'est évalué. De plus, les déplacements des animaux sont consignés. Chaque site d’examen dispose d’un numéro BDTA et les animaux doivent faire l’objet d’une déclaration. L’OFAG et les vétérinaires cantonaux recommandent par ailleurs de faire passer les animaux dans un bain à onglons après l’examen. Depuis que la Confédération organise des examens pour chiens de protection des troupeaux, aucun cas de contamination n’a jamais été signalé.
C'est l'agriculteur qui décide, sous sa propre responsabilité, de recourir à la mesure de protection des troupeaux qu'est le « chien de protection des troupeaux ». Il choisit un chien pour son exploitation, le forme et le présente à l'évaluation. Les journée d'information organisées par Agridea l'aident à préparer cet examen. La Confédération récompense l’engagement d’un agriculteur pour former son chien par une somme de 1'500 CHF en cas d’échec définitif à l’examen (contre 4'400.- en cas de réussite). La décision quant à l’avenir d’un chien qui n’a pas réussi l’examen revient au propriétaire. Le chien peut être gardé comme chien de compagnie ou comme chien de ferme. Important : chaque chien peut se présenter deux fois à une évaluation d’aptitude jusqu’à l’âge de 6 ans.
Après l'évaluation
La réussite de l'évaluation signifie qu'à ce moment-là, en l'absence des animaux de rente qu'il est censé protéger, le chien s'est comporté de manière neutre ou amicale envers des personnes et des chiens étrangers et il n'a pas montré de comportement d’agression supérieur à la norme en présence du troupeau.
Comme pour la détention d'un chien de ferme, il est indispensable d'anticiper autant que possible les conflits et d'agir en conséquence. Si le chien de ferme commence à aboyer après le facteur, il faut dès lors être présent sur place et surveiller le chien lorsque le facteur arrive. Il en va de même pour l’utilisation de chiens de protection des troupeaux : il s’agit d’identifier les conflits potentiels et d’y remédier à titre préventif. Cela peut se faire au moyen d’une signalisation, d’un détournement temporaire ou permanent du chemin de randonnée ou d’une gestion adaptée du troupeau. La prévention des accidents constituant un aspect important du travail avec les chiens de protection des troupeaux, la Confédération soutient les services de conseil et les mesures de gestion des conflits. Comme pour le chien de ferme, il subsiste toutefois un risque résiduel : les chiens de protection des troupeaux sont des animaux et nous ne pouvons influencer que dans une mesure limitée le comportement des randonneurs, des cyclistes ou des promeneurs.
À condition que la détention des chiens soit conforme à l'Ordonnance sur la protection des animaux et aux lois cantonales sur les chiens, tout chien peut être détenu avec des animaux de rente. Contrairement à un chien de protection des troupeaux reconnu, il n’est toutefois pas considéré comme une mesure de protection en cas d’attaque et ne donne pas droit à des subventions fédérales. En cas d’accident par morsure, le but de l’utilisation d’un chien de protection des troupeaux, telle que définie dans l’Ordonnance sur la chasse, n’est pas prise en compte lors de l’évaluation de l'incident par les autorités compétentes.
Le jugement de l'évaluation repose sur différents critères. Les chiens qui ont réussi l'évaluation présentent des profils variés. L'évaluation ne vise pas à sélectionner un chien type, mais à vérifier si les exigences requises pour un chien de protection des troupeaux sont remplies. Les résultats permettent de formuler certaines prévisions. Voici deux exemples :
- Les chiens qui ont fait preuve, lors de l’évaluation, d’une bonne orientation au troupeau et d’une bonne fidélité à celui-ci, c’est-à-dire qui ont une relation de confiance avec les animaux de rente, ont par exemple tendance, lors d’un changement de pâturage, à rester auprès des animaux de rente et à adopter un comportement de défense.
- Les chiens jugés très sociables lors de l’évaluation ont tendance à s’éloigner du troupeau et à suivre les touristes, voire à les accompagner.
Les résultats de l’examen apportent en outre des avantages précieux pour la pratique :
- Les éleveurs connaissent les qualités d’un chien et peuvent en tenir compte dans leur programme d’élevage (évaluations de la valeur d’élevage). Cela permet d’améliorer la qualité des chiens de protection des troupeaux.
- Les acheteuses reçoivent des informations sur la qualité d’un chien ou de ses parents lorsqu’elles acquièrent un chiot.
- Les services vétérinaires et de la chasse cantonaux peuvent ainsi déterminer s’ils peuvent autoriser une utilisation sans surveillance.
La traçabilité, la transparence et la normalisation sont des éléments essentiels lors d'une évaluation. Le règlement d'examen pour les évaluation d'aptitude au travail permet de normaliser la procédure et l'évaluation, tout en garantissant leur transparence et leur vérifiabilité. Ce règlement instaure des conditions identiques pour tous, et la formation du personnel d'examen garantit l'exactitude technique.